Interventions lors du conseil municipal du 27 janvier 2022

Vous trouverez ci-dessous la retranscription rapide et non exhaustive de mes interventions lors du conseil municipal qui s’est tenu hier soir en visioconférence.

2.1 Programme d’investissement pour l’année en cours 

Je présente tout d’abord à chacun et chacune d’entre vous une excellente année, du moins à toutes celles et ceux que je n’aurais pas croisés lors des différents évènements mentionnés en préambule de ce conseil. 

Sur la forme, j’observe qu’un certain nombre d’investissements ont été annoncés en amont à la presse. C’est toujours un peu frustrant en tant qu’élu de découvrir les choses ainsi, mais soit, disons que cela fait partie du jeu politique. J’ajoute qu’il aurait été intéressant de faire apparaître à la fois les cofinancements mais aussi les RAR afin de mieux appréhender les chiffres qui nous sont donnés. 

Sur le fond à présent, vous réaffirmez aujourd’hui que ce budget d’investissements s’inscrit dans une logique de « prudence ». Difficile de vous reprocher de prendre un certain recul quand le contexte financier, sanitaire et même électoral paraît aussi incertain. Pour autant, il nous faut bien avancer des fonds publics pour garder un certain dynamisme. Et ma première question est la suivante : pourquoi s’arrêter au chiffre de 12 millions d’euros ? En quoi ce budget serait prudent à 12, mais deviendrait-il imprudent un peu au delà ?

Nous étions à 15 millions d’euros environ investis l’an dernier, dans un exercice budgétaire déjà marqué par la prudence. En 2020, nous étions à 14 millions. En 2019 et 2018 au dessus des 18 millions.

Même si vous avez évoqué effectivement une montée des coûts pour les fluides, ce qui n’est jamais une charge neutre pour une ville, il s’agit du fonctionnement. Côté investissement on peut s’étonner d’avoir un volume global aussi bas, au moment où certains évoquent une reprise possible et où les aides de l’État sont toujours effectives. 

Ensuite, toujours dans l’idée de présenter une analyse globale, je veux évoquer la clé de répartition.

Si l’on compare au programme d’investissement de 2021, je note tout d’abord que la baisse la plus significative concerne l’ensemble du volet « Grand projet urbain » et particulièrement le Cœur de Ville, puisque les dépenses s’élèvent ici à 945 000 euros contre plus de 3,4 millions l’an dernier. Alors vous me répondrez d’une part qu’il ne faut jamais comparer d’une année sur l’autre parce qu’un investissement plus conséquent peut en effet modifier peu ou prou les montants. C’est exact. Mais même si je retire la requalification de la rue de la Madeleine et de Bellain, qui pesait l’an dernier dans cette thématique globale pour 2,2 millions, je ne retombe pas exactement sur les mêmes montants : on a un différentiel de 300 000 euros, ce qui n’est pas anodin. Avec d’autre part, des éléments qui ont ma foi disparus : je me souviens qu’était mentionnée l’an dernier une « Maison du projet », où en est-on aujourd’hui ? Et comment expliquer que l’on divise par quatre l’aide au ravalement des façades ? Là aussi je pense qu’il y a besoin d’une explication.

De la même façon, j’aimerais que vous puissiez nous dire, s’il y a un projet concret pour l’ancienne laverie rue de la Mairie.

Concernant toujours la baisse de ce programme d’investissement; ce qui m’a un peu chagriné c’est de voir le montant des 600 000 euros, que vous avez dit « sanctuariser » pour les travaux dans nos écoles, s’élever cette année à 450 000 euros. Encore une fois, puisque il y a un montant global qui est en diminution et que vous le justifiez par la conjoncture, il est cohérent qu’un ensemble de projets soient fléchés vers la baisse. Je n’en disconviens pas. Là où je m’interroge, c’est sur le fait que certaines enveloppes qui jusqu’ici n’avaient jamais bougé, soient impactées par cette politique générale. Alors vous allez me dire, oui mais le budget des travaux pour nos crèches lui double, passant de 30 000 à 60 000. Toutefois, ce n’est que la réponse à un manque de vigilance de votre majorité alors le personnel de nos structures d’accueil de la petite enfance, avait pendant des mois, réclamé des moyens supplémentaires, et cela n’enlève rien au fait que dans le bloc Éducation, enfance et jeunesse, on mesure une diminution d’environ 20 % de l’enveloppe, ce qui n’est pas négligeable et ce qui me semble être en décalage avec les débats que nous avons tenus au sein de cette assemblée.

Enfin, si on simplifiait la démonstration, on s’apercevrait que le programme d’investissements dans le Sport représente moins de 2 % des investissements totaux, et celui de la Cohésion sociale moins de 1 %. Chacun jugera de ces montants. 

L’exposé qui est le mien pourra vous paraître sévère, et pourtant je suis globalement en phase avec les lignes qui nous sont présentées. Le volet consacré à la Transition écologique va dans le bon sens, et comme je l’avais dit et répété notamment à l’occasion de la Délibération cadre sur le sujet, vous avez mon entier soutien. Même si à mon sens, le glissement de la reconstruction des vestiaires de la Tour des Dames pour 1 million, n’est pas à sa place dans cette thématique, et gonfle de fait le volume global.

J’en viens à présent aux questions plus précises, sur lesquelles vous pourrez me répondre soit directement ce soir soit à posteriori :

  • 250 000 euros budgétés pour la restauration de l’Hippodrome, est-ce que l’on a un peu plus d’éléments ?
  • Les 200 000 prévus pour l’Avenue de Metz, sont conséquents, il s’agit d’une réfection globale j’imagine de la rue ? Je n’avais pas souvenir qu’elle était dans un si mauvais état, mais soit et c’est tant mieux pour les riverains.
  • Enfin, quels seront les coûts globaux de la rénovation du salon blanc? Au final, quelle somme aura été dépensée par la collectivité, et à partir de quand pensez-vous que nous pourrons organiser à nouveau des mariages dans cette magnifique salle de notre hôtel de ville ?

2.2 Versement d’acomptes aux associations

J’aurais pu faire cette intervention lors du point précédent ou éventuellement en question diverses, mais puisque le sujet est abordé à l’occasion de cette délibération, permettez moi Monsieur le Maire de m’exprimer non pas au nom de l’association Deux mains Ensemble, mais à son sujet.

Je cite volontairement le nom de l’association, je sais que certains élus au sein de cette assemblée ne nomment pas clairement les choses, cependant la clarté est aussi gage de qualité. Il est regrettable de pointer du doigt et de la sorte Deux mains ensemble. On mélange un peu tout… Aucun membre de l’association n’a d’ailleurs été entendu par la justice et je n’aime pas cette méthode qui consiste à traiter à part le versement d’acompte d’une association par rapport aux autres. 

J’ai d’ailleurs un exposé complémentaire à vous soumettre : Il y a plus d’un an à présent, l’association vous faisait part de son projet de remise aux normes du local Baude, dont la ville est propriétaire, et de son agrandissement. Pour tous celles et ceux, qui connaissent le bâtiment et au regard du développement des activités de Deux Mains Ensemble, ces travaux apparaissent en effet judicieux et nécessaires. L’opportunité est d’autant plus forte que la CAF apporte un financement à hauteur de 80% à cet investissement.

Ainsi, la ville a donné son accord.

  •  Par délibération du 25 mars 2021, le Conseil Municipal a adopté les dépenses d’investissement pour le bâtiment à 270.000 € ;
  • Le permis de construire a lui été déposé en juillet 2021 ;
  • Enfin, la CAF a validé la demande de financement en commission du 8 février 2021, arrêtant sa participation à 150.000 € et celle de la Ville de DOUAI à 69.125 € HT ; 

Tout était calé et prévu. L’association a même, engagé des fonds propres pour acheter du matériel de bureau à hauteur de 40 000 euros en prévision de cette extension.

Or, le 13 janvier dernier, vous annoncez lors de l’Assemblée Générale, que les travaux ne pourraient pas être réalisés en 2022, en raison de la crise sanitaire, de dépenses exceptionnelles et de l’augmentation du coût des matériaux.

Vous comprendrez évidemment le désarroi des professionnels, bénévoles et bénéficiaires de l’association. Rappelons quelques chiffres et données : 5000 adhérents, une centaine de bénévoles et une activité croissante. La distribution chaque semaine de colis alimentaire répond d’ailleurs à une urgence sociale forte. 

J’ose espérer que les échéances électorales passées n’ont aucune incidence sur ce qui a pu conduire à ce revirement. L’effort financier pour la collectivité n’est pas négligeable mais somme toute mesuré et justifié. Je me permets donc de vous interroger sur ce report : à quand renvoyez vous les travaux ? Tout en sachant qu’en 2023, le financement prévu par la CAF deviendra caduque.

7.1 Réactualisation de la charte de la pause méridienne

Je me satisfais tout d’abord de la réactualisation de cette charte dans la mesure où l’activité quotidienne de nos cantines, et notamment depuis le début de la crise sanitaire en effet, a révélé qu’un certain nombre de réajustements étaient nécessaires. Dans son ensemble, j’approuve le document et voterai donc la délibération. Pour autant, j’aurai un certain nombre de remarques :

D’abord concernant les objectifs ou thématiques abordés : lorsqu’il est fait mention d’un « travail de qualification des équipes pédagogiques créé pour lutter contre la précarisation des animateurs et la reconnaissance du métier » , comment cela s’articule t-il concrètement ? Vous savez que j’étais déjà intervenu sur ce sujet, Agnès Dupuis avait bien conscience de cette difficulté, et par conséquent j’aurais aimé avoir davantage de précisions.

Autre remarque, concernant le point n°4 de cette charte qui dresse de façon rapide les moyens matériels nécessaires, et notamment les « salles de sieste ». Je vous rappelle que dans certaines écoles, le fait que les enfants soient plongés dans la pénombre pour se reposer, n’était pas assuré, et il faudra être réactif et vigilant pour que cela ne se reproduise plus.

Enfin une dernière question : à partir de quand l’évaluation progressive de l’application de cette charte prévue au point 8, sera t-elle effective ? Est-ce qu’un calendrier a d’ores et déjà été annoncé ?

7.4 Modalités de remboursement de la participation financière des familles au séjour de classe de neige 2022

Première remarque : On touche là à un sujet sensible. J’ai rencontré certains parents de la Solitude, et évidemment ils ont tous, été choqués et déçus, et je ne parle là que des parents. Je n’ose même pas imaginer ce qu’ont pu ressentir les enfants. Rendez-vous compte, le matin ils sont tous testés Négatifs, ils prennent le bus et arrivés à Seclin, demi-tour, non, non, vous ne partez plus en classe de neige, le séjour est annulé parce qu’un enfant a été testé positif alors que celui-ci n’a même pas pris part au voyage. A mon sens, il y a un défaut de communication. 

On touche là, et ce sera l’objet de ma deuxième remarque : à un sujet complexe, parce qu’il n’y a de fait aucun responsable. On dira tous que c’est une mesure de précaution ou de santé publique. Et si on élargit le propos, on s’aperçoit d’ailleurs que la plupart des séjours scolaires programmés dans les stations en janvier ont été annulés ces dernières semaines, bien qu’aucune interdiction formelle n’ait été prononcée par l’éducation nationale. Celle-ci a simplement recommandé « de les reporter dans la mesure du possible », tout en sachant que les consignes varient ensuite en fonction des académies et des services départementaux. Ce sont ainsi encore une fois les équipes pédagogiques qui sont sur les devants. La plupart, en lien avec les municipalités, ont donc opté pour la prudence. Or ici à Douai, nous avons fait le choix et à juste titre j’en suis convaincu, de les maintenir. Cependant, on tombe dans une situation presque absurde où l’on rapatrie tout le monde, ce qui me fait penser à cette succession de protocoles dans les écoles, inapplicables et qui mutent plus vite que les variants.

J’ajoute, si vous me permettez d’élargir mon propos encore une fois, que derrière cette situation il y a des hommes et des femmes qui sont directement touchés par ces annulations : ce sont celles et ceux qui travaillent dans les entreprises organisatrices de classe de neige ou les centre de vacances si vous préférez. Parce que cet entre deux n’arrange ni ces personnes, ni ces entreprises : elles qui vivent habituellement quasi exclusivement en saison hivernale avec l’activité des classes de neige se retrouvent face à un dilemme : la logique voudrait qu’elles tentent par tous les moyens de les accueillir et d’essayer de dégager du chiffre pour surmonter leurs difficultés financières, mais si ces dernières ont une activité un peu trop importante, elles ne bénéficieront pas des dispositifs d’aides.

Je termine en disant qu’il est tout à fait normal que nous puissions procéder à cette délibération pour proposer un remboursement. Nous espérons toutefois de tout cœur que les enfants pourront partir au mois de mars et profiter comme il se doit de leur séjour.

Sur les décisions directes -prises par le Maire sans vote de l’assemblée 

Le diable se cache parfois dans les détails. Nous avons un dossier relevant les décisions directes de 25 pages. Et on apprend en trois lignes, que vous engagez une avocate du barreau de Lille pour je cite « la défense des intérêts de la ville dans un dossier concernant l’écoquartier du Raquet ».

Dans un premier temps, je vous demande des éclaircissements afin de connaître l’objet du dossier et pourquoi vous engagez une procédure ?

Mais d’autre part, je veux faire part publiquement de mon étonnement. Ce serait la première fois qu’une commune engage une procédure au Tribunal Administratif contre Douaisis Agglo. Parce que c’est cela dont il s’agit, ni plus ni moins. Je ne sais pas si cela a été discuté au sein des élus de la majorité, car dans la mesure où il s’agit d’une décision directe, et dans ce cas, c’est vous en tant que Maire qui prenez la décision d’engager un contentieux au nom de la ville contre l’Agglo. Que chacun le comprenne. Au-delà du coût que cela peut représenter pour la collectivité, c’est sur le principe que je m’étonne.

Et je le dis très tranquillement, car depuis le début de mon mandat, je pense avoir fait la démonstration que j’ai toujours cherché à construire des ponts là où d’autres veulent construire des murs, mais je considère qu’avec cette décision, on est devant un mur. Je ne vais pas jeter de l’huile sur le feu, parce que cela serait contre-productif. Je vous ai demandé des précisions et fait part de mon étonnement, cela suffit. La polémique ne réglera rien, mais sur le fond quand même, disons un mot :

L’écoquartier, – et vous connaissez le dossier mieux que moi, car vous êtes élu depuis déjà quatorze ans, six ans comme élu d’opposition puis déjà huit ans comme Maire- , c’est une friche de 160 hectares de mémoire, dont personne ne savait quoi en faire car elle était polluée. Friche qui est à cheval sur les deux villes principales de notre Agglomération : Sin le Noble et Douai, et dont l’objectif principal était de lutter contre la périurbanisation et de rééquilibrer le territoire de l’Agglo en renforçant donc ces deux communes urbaines.

L’Agglo y a investi énormément d’argent pour aménager cet espace, et si les lotissements sont encore en nombres insuffisants, il y a de nouveaux équipements dont profitent les Douaisiens: un parc de 54 hectares, qui contribuera à l’effort de faire de Douai une ville aux 30 000 arbres, et puis le déficit aujourd’hui est partagé : Douai paie 12,5 %, la ville de Sin, 37,5%, et de fait les 33 autres communes participent à l’effort des 50 % restants. On est donc véritablement sur un projet communautaire, au sens de commun. Et faire du commun, cela reste un objectif que nous devons partager tous ensemble.

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