Sur le rapport en matière d’égalité entre les hommes et les femmes à Douai

Je commence évidemment par remercier Agnès Dupuis et Jamila Mekki, à la fois pour leur travail ainsi que pour la présentation de ce rapport.

“Les femmes sont quasiment absentes des services d’animation, de police municipale ou de sport”

À mon sens, il convient d’élargir la focale en rappelant que près des deux tiers des emplois de la fonction publique sont occupés par des femmes selon les données publiées par le ministère de l’Action et des Comptes publics. Il s’agit donc d’un secteur largement féminisé, contrairement au secteur privé, et la fonction publique territoriale n’échappe pas à la règle. Mais faudrait-il s’empresser d’ajouter : la présence des femmes s’amenuise à mesure que l’on grimpe dans la hiérarchie. Les femmes sont en effet encore peu présentes dans les emplois d’encadrement et de direction, même si la situation s’améliore lentement. Et là encore : ni la fonction publique territoriale, ni la commune de Douai n’échappent à la règle : dans la mesure où seulement 30 % des membres du Codir sont des femmes, chiffre qui interpelle.

Au-delà de ce premier constat, on peut en ajouter un second : effectivement les emplois sont très genrés puisque les femmes occupent de façon quasi exclusive les postes dans le secteur social et médico-social, administratif (79%), mais sont quasiment absentes des services d’animation (30 %) et peu représentées dans les emplois de sécurité et de police municipale (20%), comme dans ceux liés au sport (17%). Rien de surprenant dans ces données malheureusement : la ville fonctionne comme un miroir de notre société.

Dernier indicateur enfin qui, selon moi, permet de mesurer encore aujourd’hui les inégalités qui séparent les hommes et les femmes : le temps partiel. Censé être du « temps choisi », le temps partiel est en fait imposé ou s’impose, dans la plupart des cas, aux femmes. C’est la raison pour laquelle elles sont par ailleurs surreprésentées dans la répartition des emplois non permanents.

Or, ce temps partiel constitue la principale source d’inégalité salariale entre les femmes et les hommes. Nous le voyons très bien en page 14 de ce rapport. Cette donnée, que cela soit dans la fonction publique ou le privé est sans doute aujourd’hui l’un des nœuds du problème. J’ajoute que certains secteurs de notre économie sont très touchés, je pense au commerce par exemple, et les dernières législations aggravent souvent les situations : il suffit d’évoquer la loi dite de « sécurisation de l’emploi », qui a retranscrit l’Accord national interprofessionnel (ANI), pourtant faite par un gouvernement dit socialiste. Mais je referme la parenthèse.

Certains obstacles sont ancrés dans l’inconscient des femmes : on peut parler d’autocensure, de la peur de ne pas assurer, des responsabilités familiales. D’autres obstacles en revanche tiennent aux pesanteurs sociales qui affectent (entre autres) la fonction publique territoriale, malgré l’égalité de traitement affichée.

“Si ce rapport de qualité a le mérite d’exister, encore faut-il s’en servir”

Alors, il convient une fois cette analyse faite et partagée par tous, de saluer la qualité de ce rapport. Et surtout de se dire que si ce rapport a le mérite d’exister (ce qui relève d’ailleurs d’une obligation légale récente), encore faut-il s’en servir, et que cela ne soit pas juste un rapport qui termine au fond du tiroir. Ainsi je terminerai mon propos en vous posant certaines questions :

Il est écrit noir sur blanc que « la mise en œuvre du télétravail permettra de concilier plus facilement l’activité professionnelle avec les obligations familiales de chacun qui restent encore souvent l’apanage des femmes » : permettez-moi d’avoir quelques doutes, mais concrètement comment la municipalité va-t-elle s’organiser ? Combien de jours pourront se dérouler en télétravail ? Si telle est l’ambition, pensez-vous sérieusement que c’est en autorisant un jour de télétravail en semaine, sauf le mercredi, que l’on va changer les conditions de vie des femmes ?

Il est mentionné également « qu’il convient de faire un état des lieux précis et de faire des propositions concrètes pour réduire les écarts de salaires. Une présentation sera faite en comité de direction » : je demande forcément qu’une présentation soit faite aussi en conseil municipal.

Enfin concernant la mise en place de mesures de prévention de sexisme et du harcèlement, nous apprenons que « à chaque signalement, la DRH s’est engagée à établir une enquête administrative et que par ailleurs, un registre de signalement des actes de violences sera établi et mis à disposition dans chaque direction » : Ma question est donc de savoir si des enquêtes administratives ont déjà été menées ? Et quelles en sont les conclusions ? Quelles mesures ont été mises en place ? En ce qui concerne le registre de signalement des actes de violences je note que celui-ci aurait du être mis en place depuis la parution du décret, soit depuis un an.

Je vous remercie de votre attention.

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