Le Topo du 19 octobre 2018

Dans cet article je reviens sur le dernier conseil municipal du mois d’octobre. L’ordre du jour étant relativement restreint, je vous propose ici un focus sur les points essentiels à retenir.

Débat d’orientation sur la révision du Règlement Local de Publicité

Il s’agissait du principal sujet de ce vendredi soir. Aucun débat, aucune annonce, simplement une présentation générale de ce dispositif que la ville doit changer avant 2020. L’ancien Règlement Local de Publicité (RLP) datant de 1993, il était temps !

Concrètement, le RLP est un document de planification de l’affichage publicitaire. Les enseignes et préenseignes doivent ainsi se soumettre à une réglementation qui se veut à la fois protectrice de l’environnement, du patrimoine mais aussi du cadre de vie. On recense à Douai pas moins de 79 panneaux que l’on retrouve le plus souvent sur les vitrophanies des boutiques, sur le dos des immeubles ou le long des routes. Le maire a sous-entendu vouloir faire évoluer le règlement pour permettre la mise en place d’écrans de publicité. Pour le reste, le RLP douaisien s’avère déjà protecteur. Toute la difficulté réside dans l’équilibre juridique nécessaire. Les règles ne doivent être ni trop rigides pour être appliquées, ni trop larges pour que l’on puisse sanctionner.

Ce que nous proposons :

– ouvrir des discussions pour qu’un RLP puisse voir le jour à l’échelon intercommunal, dans un souci de cohérence ;

– mettre en place une charte de qualité des enseignes en collaboration avec les acteurs économiques locaux et un plan de SIL (Signalisation d’Information Locale) afin de valoriser les ressources de notre territoire.

– interdire toute publicité dans le centre historique de la ville, sauf pour les commerces indépendants locaux.

Une vision de la CAD très différente

Alors que ce conseil semblait des plus calmes, Frédéric Chéreau a réveillé l’attention d’un public parfois endormi. Il a directement attaqué Françoise Prouvost et Franz Quatreboeufs (opposition de droite) concernant leur positionnement à la Communauté d’Agglomération du Douaisis. Lors du précédent conseil communautaire, l’ancienne tête de file de la droite avait annoncé sa volonté de ne plus vouloir faire le jeu du consensus mou qui règne dans cette instance. Le maire s’est ainsi fait l’avocat de la méthode Poiret. « Votre position, je ne l’ai pas comprise. Vous êtes isolés et vous servez de votre position pour une tribune stérile alors que l’essentiel du travail se fait en coulisse ». Stupéfaits, les membres de l’opposition ont exprimé leur indignation face à ces remontrances. J’estime pour ma part qu’ils sont libres de leur vote. Il est bon pour la démocratie qu’une opposition existe et puisse s’exprimer.

C’est ce mode de fonctionnement de plus en plus autoritaire que dénonce le chercheur David Guéranger, que j’ai eu la chance de rencontrer il y a quelques années :

Négocier, briller dans les échanges symboliques, faire montre de courtoisie et de retenue, voici les comportements qui siéent aux EPCI ; à l’inverse, l’opposition ostensible, la vindicte ou l’absence d’autocontrôle sont disqualifiées et stigmatisées. C’est le triomphe du consensus mou.

Un coût supplémentaire pour les travaux de rénovation de l’Hôtel de ville

La découverte concernant la nature des pierres* des façades de l’Hôtel de ville entraîne un surcoût des travaux d’un montant de 135 000 euros (sur un total d’un million d’euros). Ce coût, non prévu dans le plan de financement initial étant susceptible d’être pris en charge par la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC), le maire a proposé de solliciter cette aide financière. Ce point à l’ordre du jour du dernier conseil municipal est l’occasion pour moi de revenir plus largement sur 20 années de travaux. Cela fait deux décennies que l’Hôtel de ville est en cours de rénovation. Les différents chantiers de la rue Francis-Godin, ont laissé place en 2018 à ceux de la façade principale, rue de la Mairie.

Un seul regret : ne pas avoir replacé les statues des comtes de Flandres dans leurs niches. C’est ce que proposait le guide Michel Derveaux. « Un monument civil qui a la possibilité d’avoir des statues en façade, il n’y en a pas d’équivalent dans la région », disait-il.

*Il s’agissait de pierre provenant d’une carrière belge dont l’activité est aujourd’hui arrêtée. Un grès des Vosges couleur gris blanc, possédant des caractéristiques similaires à la pierre d’origine, la subtituera. Néanmoins, son prix est plus élevé.

Une convention Douai-CAD concernant les bornes de recharge

L’objet de cette convention est de permettre à la CAD la « création, l’entretien, et l’exploitation des infrastructures de charge nécessaires à l’usage des véhicules électriques ou hybrides rechargeables ». Cette convention entre en vigueur pour une durée de 10 ans et intègre l’installation de 19 bornes. Elle s’avère nécessaire pour la mutation du parc automobile vers des énergies propres.

Il est néanmoins difficile de comprendre la différence de coût entre une borne dite « accélérée »  à 10 000 € et une autre dite « rapide » à 40 000 €. Seules deux bornes rapides seront installées dans deux parcs d’activités, c’est une mesure louable mais malheureusement contrebalancée par le gouvernement actuel. Celui-ci pourrait supprimer progressivement les avantages fiscaux liés au diesel pour les flottes d’entreprises comme nous le proposons. Il choisit plutôt de taxer plus lourdement la population à la pompe, augmentant le sentiment d’injustice.

Soutien aux victimes des événements climatiques dans l’Aude

« Je suppose que personne ne s’y oppose ? », a demandé le maire lors du vote d’une subvention de 10 000 € à destination de l’Aude. Évidemment, personne ne s’y est opposé. Nous nous joignons à ce message de solidarité. Il est en effet essentiel qu’en République, les localités puissent organiser une aide mutuelle lors de sinistres. Rappelons que les inondations de l’Aude ont fait 14 victimes et plus de 70 personnes ont été blessées.

François GUIFFARD

 

Enfin, la soirée a débuté par un hommage à juste titre à trois grandes figures de la cité des Géants. Parmi elles, Raymonde Delécluse, résistante et ancienne déportée. Je salue sa mémoire, honore son parcours de vie, et présente mes condoléances à sa famille.

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