Les Journées douaisiennes des Droits des Femmes

NB : Par ce résumé, je rends hommage à celles et ceux qui luttent chaque jour pour faire vivre l’égalité. Je remercie Jamila Mekki, conseillère municipale de la ville de Douai, pour l’organisation de ce rendez-vous annuel ; vous pouvez compter sur ma présence fidèle et mon soutien sincère.

Je participais la semaine dernière (samedi 17 mars 2018) aux « Journées douaisiennes des Droits des Femmes ». Cet évènement était l’occasion de parler de l’égalité entre les sexes. C’était aussi l’occasion pour de nombreuses femmes engagées notamment dans la vie associative, de raconter leurs parcours, des anecdotes, ou encore d’évoquer celles qui dans l’histoire les avaient profondément marquées.

Je dois dire que j’ai beaucoup appris. Encore trop souvent, les hommes monopolisent la parole au détriment des femmes. Il était donc appréciable de pouvoir passer plusieurs heures à les écouter.

L’éducation comme moteur du changement

Lors des échanges, je suis intervenu afin d’évoquer le rôle central joué par l’éducation. En effet, tant que nous ne changerons pas les mentalités, les mécanismes de la domination masculine perdureront. L’État français peut bien renforcer son arsenal juridique en matière d’égalité des sexes, il n’agit là que sur les conséquences de l’oppression masculine. La cause profonde, c’est la pensée patriarcale qui est massivement relayée dans notre pays à travers notre production culturelle.

Par conséquent, de la même façon qu’une femme aurait intériorisé sa propre soumission, l’homme a aussi cultivé sa propre domination. Le chanteur Eddy de Pretto exprime cela dans sa chanson Kid. Dans son clip, il se met en scène dans une salle de musculation, chantant « Tu seras viril mon kid, Tu tiendras, dans tes mains, l’héritage iconique d’Apollon, Et comme tous les garçons, tu courras de ballons en champion, Et deviendras mon petit héros historique, Virilité abusive ».

Cela ne signifie pas que les hommes n’ont pas leur part de responsabilité. Cela signifie que nous sommes le produit d’une culture que seule l’éducation peut changer.

Pour que Martha Desrumeaux entre au Panthéon

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En exposant une galerie de portraits dans la Maison de quartier de la Roseraie, Jamila me confiait que l’objectif était d’ouvrir les horizons. Mêlant ainsi féministes françaises connues et reconnues (comme Simone Veil), elle avait aussi intégré aussi des visages moins connus comme Malala Yousafzai. « Elles ne sont pas nées féministes, elles le sont devenues », dit-elle.

La conversation s’est ensuite engagée sur la possibilité de faire entrer de nouvelles femmes au Panthéon. J’ai alors défendu la figure et l’histoire de Martha Desrumeaux. Militante syndicale et politique, ouvrière dans le textile, nordiste, résistante, devenue députée, elle fut surtout l’infatigable défenseure de l’émancipation des femmes.

Les “Blædies”

Enfin, comment ne pas évoquer ce magnifique cadeau qui m’a été fait. Ce livre que je tiens entre les mains m’a beaucoup touché. Il est l’œuvre des Blædies, un groupe de femmes, vivant depuis longtemps en France et qui ont décidé de raconter leur histoire. Leur ouvrage se présente sous la forme d’un abécédaire. L’idée est non seulement originale mais séduisante. Je vous laisse lire mon extrait préféré, la lettre U comme “Universel” :

« Quand je pense à mon histoire il y a bien des choses qui n’ont pas été faciles. Il a fallu beaucoup travailler, accepter les difficultés la solitude, être forte même si on se sent faible quand on ne parle pas la langue. Mon mari, il a découvert une fraternité entre mineurs, parce qu’au fond de la mine, ils étaient tous noirs ! L’immigration en France nous a permis de sortir de la misère, mais on est restés des gens simples et je me pose quand même la question de l’égalité… Ce qui sera toujours vrai c’est que la mort, ça c’est universel. »

François GUIFFARD

1 réflexion sur “Les Journées douaisiennes des Droits des Femmes”

  1. Sylvie Bienaimé

    Merci pour ce témoignage touchant, cet élan. Le combat n est pas fini mais tu le portes parmi d autres et
    c est stimulant.
    Aux côtés de Martha je me permets d installer Louise (bien sûr il y en a tant d autres !) qui te portera chance, dont je suis très heureuse d avoir lu un extrait de son texte “L Ère nouvelle” – bel échos à ce qui se passe présentement – pour le Printemps des poètes….
    Parce qu elle était poète aussi !
    Haut les coeurs !

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